Délices et cœur brûlé

c’est l’histoire de Mlle K, une jeune fille très amoureuse de Monsieur C.

Moi aussi je veux passer dans ta casserole, Guy!

Avant-hier soir je suis tombée amoureuse…vignette angelot
Je crois que jamais de ma vie, je n’avais encore goûté à l’essence même de la sensualité…
Si aujourd’hui on me demande la définition de ce petit mot je répondrais un nom: Guy Savoy.
Sa cuisine, ses gestes, son charme et lui tout entier…
C’est un poème de A à Z…
J’y étais invitée (je n’ai pas encore vendu tout à fait assez d’exemplaires de DCB pour me l’offrir…) en compagnie de quelques amis et nous avons goûté de ces merveilles…
J’en rêve la nuit, depuis!
A commencer par sa soupe de potiron (il n’en faut pas beaucoup quand on porte les 3 étoiles, un rien devient trésor)… sa soupe de potiron donc, parsemée de copeaux de truffes blanches que le chef lui-même vient nous râper sous le nez…
Et là… en matière d’entrée en scène… « je vous la fais à la française ou à l’italienne? » qu’il me dit, Guy! Sourire en coin, beauté ravageuse…
Moi je lui réponds, « Euh… Guy… comment vous dire… Ne me regardez pas comme ça, je suis jeune et sensible. Déjà que j’ai un peu l’impression de m’être fait un shoot de MDMA, ce soir… ne me cherchez pas!! Alors, dites-moi… tranquillement… c’est quoi « à l’italienne » …? » Et là, sans pitié aucune, il passe ses bras de part à d’autre de mon cou et son visage au ras de ma nuque se met à  caresser doucement la truffe contre la râpe juste au-dessus du lac de potiron doré…
Et moi de chavirer… je suis au 7ème ciel… il m’en faut peu me direz-vous?
Oui. Mais non…
Parce qu’ensuite, le jaune de l’œuf poché trônant au milieu du cortège sous quelques pétales de champignon s’épand amoureusement dans le corps du velouté… cœur à cœur…
Mais où est passé M.Savoy…? Revenez, je vous en prie, la soupe prend une nouvelle dimension lorsque vous êtes à mes côtés, Guy!…
L’onctuosité… la saveur fine et ronde… la note pointue et douce, délicate de la truffe craquante…
A peine nettoyée, l’assiette déjà s’est envolée pour laisser place aux Saint-Jacques juste cuites, elles aussi couronnées généreusement de pétales à l’italienne…
Ouf! Vous êtes là… Guy! J’ai cru vous avoir perdu! Vous êtes revenu veiller sur nos assiettes… Généreux, aérien et subtil… omniprésent et pourtant terriblement discret… exactement à l’image de la truffe blanche sur ses coquillages nacrés.
Puis la cocotte de gibiers lutée que l’on ouvre pour nous faire voir et sentir… C’est ce qui est de plus fabuleux avec l’art de la gastronomie. Je le dis et le redis encore, mais c’est bel et bien le seul Art qui touche à tous les sens à la fois… Ames sensibles, s’abstenir, car tout le corps est assailli… des yeux aux pieds en passant par les doigts, le nez, la bouche…!
Le fumet de la cocotte, donc, est un conte de Noël qui me transporte au pays des animaux sauvages où les arbres et la mousse courent à perte de vue… je m’y aperçois un instant conversant avec la biche aux grands yeux…! (mais je m’égare, pardonnez-moi…!)
La cocotte disparait pour revenir transformée en une assiette architecturée à la perfection… d’une finesse! Un chapeau de foie gras juste poêlé vient achever la création… Quelques champignons des bois sur un lit de choux fondant… Je ne sais plus trop quels qualificatifs employer pour décrire le spectacle qui se déroule sous mes yeux de petite fille émerveillée qui d‘un coup se remet à croire à l’existence du père Noël…
Évidemment les vins, aussi… Apportés par une amie (Fleur…) ambassadrice des vins de Barsac… (dis comme ça déjà je sais, ça fait rêver… et encore… vous ne l’avez pas vue à l’acte!!!)
Un blanc pour commencer: Un Mersault… Eh! Oui tant qu’à faire… Précis comme du cristal, évident et surprenant… la Bourgogne et ses paysages vallonnés, verdoyants et inattendus se dessinent à travers le breuvage.
Un Graves ensuite… une jolie cuvée 2005 du château de Barsac-Massereau. Les notes de fruits rouges dominent et accompagnent le potiron d’un clin d’œil coquin.
Une merveille pour finir avec le plat… une cuvée Socrate, toujours du même château, de 2006 cette fois-ci. Là encore le vin siffle à travers la langue pour aller taper le palais avec conviction et sans détours. Une bouteille dont je tairai le prix mais dont je me souviendrai, croyez-m’en!
Et alors enfin… le coup de grâce: la révélation de la soirée… un Sauternes qui vient murmurer au dessert de lui laisser un peu de place au milieu de cette danse folle de saveurs. Un bijou de Sauternes cuvée 2001… Doré, complexe et excitant… nectar des Dieux pour lequel j’aurais pu me damner! Mais il n’en a pas été exigé autant de moi… je m’en tire à bon compte! Tout plaisir est permis dans cette maison et jamais rien n’est pêché. Entre le sorbet à la bergamote et la variation sur la mangue, le Sauternes a su trouver son lit… et moi aussi!!
Je me suis arrêtée là, alors qu’au charriot des douceurs accompagnant le café, ont été débouchés encore quelques digestifs fruités et parfumés!
Mais je ne voudrais pas vous ennuyer avec cette description un peu longuette… vous n‘y étiez pas et peut-être je vous agace… Loin de moi cette envie! Après tout, le plaisir de mes sens ne regarde que moi, c‘est vrai… Chacun ses fantasmes, chacun son délire…
Pardonnez-moi, j’avais trop besoin de partager, il fallait que je témoigne en faveur de l’Artiste. J’ai pu goûter quelque fois à des cuisines parfaites, mais là… c’est autre chose… On est au-delà de la cuisine… on a à faire à un démiurge, un vrai! Sa création d’ailleurs nous habite longtemps après encore, on y repense, on y revient, on analyse, on cherche à retrouver les sensations… On a tout compris, car point d’intellectualisme dans cette maison… mais quand même on cherche à savoir pourquoi, comment, avec quoi et pour qui…?
Enfin voilà…
En un mot, si vous en avez l’occasion et si vous avez envie de côtoyer l’espace d’une soirée un univers où gastronomie rime avec Perfection et Absolu, je vous conseille vivement d’aller y  faire un tour… vous embrasser sous le Guy!

(Je m’engage à rembourser quiconque ne serait pas conquis!)

http://www.guysavoy.com/vignette cailles sexy
18 rue Troyon
75017 Paris

P.S: merci bien sûr à toute l’équipe exceptionnelle qui oeuvre dans l’ombre au service du chef (d’oeuvre) !

3 Comments

    Magnifique article. On en mangerait! si seulement…

  • Mmmmm… Il est 9h28 et déjà je salive en lisant ces lignes… Jamais goûté de truffes, qu’elles soient noires ou blanches… Et cette description de soupe au potiron me met dans un état… Tant mieux, j’ai commandé « délices et coeur brûlé » au Père Noël, je ne devrais pas être déçue…

  • oh la la …. je salive, je rêve…
    Quel article ! Je viens de réaliser que j’ai tout mal commandé au Papa Noël, c’est un repas chez Guy qui aurait dû être sur ma liste ;-)
    Encore Bravo Mademoiselle K.

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