/PARIS-TOKYO/9968kms/RER B Luxembourg/JUGETSUDO/
Au 21ème siècle, la mode est à l’épure.
L’épure des lignes, des courbes, l’épure des esprits et des corps.
Cela fait une bonne dizaine d’années qu’en France un courant d’air asiatique nous inspire des cures de sage détoxe, yoga, chia-tsu et autres sciences réconciliatrices de nos têtes et âmes. On souhaiterait par là décrasser notre organisme de toutes ces toxines enlisées au fond de notre être, accumulées à force de suer au rythme CBBSSM (Crise Bouchon Boulot Speed Sandwich-Mayo) .
En fait, à travers nos cures de manger-sain-boire-vert il semblerait surtout qu’on cherche à entrevoir un peu mieux cet idéal que représente l’art de vivre à la Nippone.
L’immuable ZEN après les éphémères POP, NOUILLE, BAROQUE…
Le dénuement comme un nouveau mode de vie…
Moi j‘adore!!!
Sauf que voyez: d’un côté du monde il y a les Parisiens. De l’autre les Nippons… Et c’est pas pour rien qu’on les a mis de part et d’autre de l’hémisphère!
Même en ne buvant plus que du thé vert, en mangeant cru midi et soir, en prenant le temps de saluer le soleil et les arbres tous les matins que le bon Dieu fait, même en apprenant à respecter les objets qui nous rendent service jour après jour, le parisien restera ad vitam aeternam un animal au mieux « malpropre » au pire « étrange » pour le Japonais moyen!
Pour s’en rendre compte, il suffit d’embarquer à bord du RER B, atterrissage entre 15h et 18h au 95 de la Rue de Seine, Paris 6, un samedi de votre choix. Jugetsudo.
Dans ce temple Japonais on assiste à la fameuse et traditionnelle cérémonie du thé. Alors « traditionnelle » un peu abrégée certes, car la cérémonie des thés pour de vrai, ça dure 4h. Or l‘animal parisien, aisément identifiable à son œil droit toujours braqué sur la montre qu’il porte à son poignet, avide de mouvements rapides et d‘actions visibles est, par sa nature même, tout à fait inapte à ce type d’exercices. Les hôtes du temple Jugetsudo ont donc eu la générosité d’adapter le rythme de la cérémonie du thé à celui du fleuve de la rue afin d‘arriver à l‘essentiel en 45mn.
L’ « essentiel » en français se traduisant par : la dégustation.
45mn, cela n’est pas long mais cela fait du bien! L’horloge interne en sourdine, suspendue au tempo du rituel magnifiquement conduit par la maitresse du breuvage sacré. Chez elle le mouvement se fait interne, une pulsation métronomique, un geste sagement conduit, à la fois théâtral et musical.
La maison mère Jugetsudo a été fondé au Japon en 1854 par un certain Maruyama Nori… spécialisée à ses débuts dans le commerce d’algue Nori « supérieure »…
A Saint-Germain, Rue de Seine, l’endroit a ouvert il y 2 ans. Le lieu sent bon l’histoire et les racines « vraies ».
Du bois clair de cyprès japonais, des centaines de tiges de bambou suspendues au plafond, un sous-sol qui apparaît comme une cave voutée pleine de mystères, des objets en fonte et autres vaisselles anciennes, de la belle pierre et des volumes clairs et purs. L’architecte et artiste M.Kengo Kuma qui a imaginé le Jugetsudo parisien parvient à faire de l’authentique contemporain, ce qui n’est pas une tâche aisée… Peut-être un peu magicien sur les bords, cet architecte né en 1954, a crée un lieu vraiment unique qui concilie à la perfection orient et occident, matériaux anciens et nouveaux, tradition et design… ( Tiens, pour ta culture perso, si tu veux jeter un coup d’oeil sur son site : http://kkaa.co.jp/)
A vrai dire, si je me suis rendue chez Jugetsudo, lieu que je ne connaissais pas, c’est parce que j’avais été invitée à venir y goûter un petit biscuit aussi célèbre à KYOTO que notre macaron Gerbet de PARIS, qui se prénomme CHA NO KA. (à ne pas confondre avec la fête juive des lumières, rien à voir, mais bon moyen mnémotechnique!) et que l’on trouve depuis ce jour dans de jolies boites blanches et or à la Grande Épicerie de Paris. 

Entre deux très fines langues de chat au thé vert Macha supérieur (koicha) une plaque ultra fine de chocolat blanc qui croque sous la dent et fond sur la langue. Subtilement âpre et sucré à la fois, on le déguste du bout des dents, non sans avoir au préalable salué la main qui nous l’a présenté et pris la peine de l‘admirer en buvant une gorgée de ce thé vert torréfié qu’on appelle Hojicha et qui rappelle la saveur des 4 éléments. Il faut savoir que le thé que l’on retrouve à la boutique vient de loin! Ses feuilles poussent au pied du Mont Fuji, région montagneuse et froide, arrosée en continu par l’eau de la rivière pure Asahina… Cette région (Shizuoka), la première en matière de culture de thés japonais, réunit les conditions idéales au développement des arômes, couleurs et goûts du thé… Ce que je peux en dire, moi qui ne jure que par le thé vert japonais, c’est qu’il « se pose bien là » (comme dirait ma copine Ghislaine)!
Donc pour conclure: si tu veux t’échapper, te ressourcer, te recueillir, si tu aimes le green, le zen, le thé japonais, les beaux lieux et les cérémonies, vas y déguster un CHA NO KA, ça t’éclairera les chakra!
Jugetsudo, 95 rue de Seine Paris 06
Tél : 01 46 33 94 90
Ouverture : 11h00 – 19h00 (fermé les dimanches et jours fériés)
Métro : Odéon ou Mabillon
http://www.jugetsudo.fr/home.html
Biscuits CHA NO KA en vente à la grande Epicerie de Paris ou au Japon sous cette forme…


